Les gambettes de ma minette
Une certaine blogueuse qui se voulait désagréable (à prendre au second degré, hein !) m'a fait remarquer sur mon dernier message que ma fille avait les jambes dans un bien triste état (et il faut bien reconnaître qu'elle n'a pas tout à fait tort). En réalité, ce qu'elle n'osait ouvertement exprimer, c'est que les bleus sur les jambes de ma fille étaient en réalité parfaitement assortis au short qu'elle portait ce jour-là, le tout plutôt violacé, la grande classe, je vous remercie de le noter.
C'est donc une une transition toute trouvée pour vous présenter les nouveaux couvre-gambettes de la demoiselle (même si le terme "nouveau" est un peu mal choisi, sachant que le tout date de deux ou trois mois, puisque malgré les vacances je trouve à peine le temps et l'énergie de coudre une fois de temps en temps).
Dans l'ordre chronologique :
1) Un pantalon que vous avez déjà aperçu, pas encore fini, ici. J'ai copié le patron sur un ancien pantalon DPAM que j'aime beaucoup, j'ai ajouté des poches (deux devant, biseautées, et une derrière) et je l'ai rallongé un peu, mais pas assez ! J'avais prévu d'ajouter un revers, mais on peut toujours l'attendre... C'est donc un pantalon pêche-aux-moules (ça tombe bien, la Bretagne nous attend).
DEVANT
DOS
Tissu rouge un peu passé du marché Saint-Pierre (une nappe de mon mariage à l'origine, un tissu horrible à repasser...) et un tissu à patchwork donné par ma mère.
Il a déjà beaucoup servi alors j'ai cherché des photos où on le voyait porté, et j'ai trouvé celles-ci, prises lors d'un week-end campagnard :
2) Un pantalon en chambray dont le modèle vient des Intemporels pour enfants. Je m'en étais déjà servi pour faire un pantalon de pyjama qui remplissait parfaitement ses fonctions, mais mon chambray était un peu plus épais que le tissu du pyjama, et l'effet sur les gambettes de ma fille n'étais pas des plus heureux : trop bouffant en haut, trop carotte dans la forme - j'ai été obligée de tout modifier. Voyez plutôt :
AVANT :
Ca ne saute peut-être pas aux yeux, mais la forme ne me plaisait pas, je préfère les jmabes plus droites (j'aurais pu m'en apercevoir plus tôt, certes). Donc j'ai décousu l'entrejambe et le haut des jambes et j'ai retaillé.
APRES :
DEVANT
J'avais peur du résultat après retouche mais c'est nickel, j'ai réussi à lui donner une forme plus droite, et même si ça ne se voit pas tellement sur la photo, l'entrejambe est impeccable (mais mal repassé).
J'ai passé beaucoup de temps à rendre ce pantalon un peu plus original que le modèle de base en ajoutant des poches (oui, j'adore les poches !), cette fois deux devant et deux derrière, avec un passepoil qui m'a donné du fil à retordre et un ruban ajouré à l'arrière.
DOS
Chambray Cousette, ruban Entrée des fournisseurs, biais bleu marine transforme en passepoil de ma mercerie.
Et voilà, après avoir donné tout ce que j'avais pour coudre amoureusement ce pantalon pour mon enfant, il lui va comme un sac ! Trop grand (comme un peu tout ce que je lui couds en ce moment, mais vaut mieux ça que l'inverse en même temps), et les poches arrière un peu trop grands aussi rigidifient le tissu qui tombe du coup assez mal. Je n'ai même pas pensé à prendre des photos portées, et j'ai rangé mon beau pantalon au placard, en espérant qu'il lui ira mieux l'année prochaine.
3) Un short, toujours des Intemporels pour enfant (depuis j'ai investi dans deux livres japonais de petites filles qui me font davantage rêver), déjà cousu une fois, mais je n'avais pas aimé le résultat (trop sac encore une fois). Comme je n'avais que ce modèle à ma disposition, je l'ai corrigé : moins de largeur et de hauteur. Le résultat est encore un peu grand mais bien mieux que mon essai raté de l'année dernière.
DEVANT
J'ai utiisé le même tissu que pour le nid d'ange d'Hector, une sort de chambray tissé de fils violets et bleus, plus foncé que sur mes photos. J'ai fait les coutures en rose framboise.
DOS
Je m'aperçois en téléchargeant la photo que le revers de la poche n'est pas bien masqué à gauche, horreur !
Vous l'avez déjà vu porté dans mon dernier message, mais pour le plaisir, une autre photo en situation :
Photo que je ne peux vous livrer intégralement, mais que j'aime particulièrement, vous vous en doutez. On y voit très nettement les jolis bleus de ma grande qui se cogne partout. A gauche contre le nounours, c'est bien du Parthenay gris sur la salopette de ma petite, mais non, ce n'est pas moi qui l'ai cousue, c'est un craquage de jeune maman qui venait d'accoucher pour un petit vêtement de créateur - ce qui est totalement à l'opposé de mes habitudes à dire vrai.
Ma fille aînée avait donc besoin de couvre-jambes, elle a maintenant un pantalon trop court, un autre trop grand, il ne reste que le short qui soit vraiment mettable. Vivement que je me perfectionne !
Sur ce, je vais tenter de coudre la deuxième manche d'une robe que je fais en parallèle avec Naathli, mais j'ai bien du mal à avancer, et je me sens trop fatiguée pour me mettre à l'ouvrage... Bonne nuit !
Petite fille modèle
Comme j'ai peu de temps et que je suis en phase de flemmardite aiguë, je ne vais pas papoter longuement aujourd'hui, et je vais me contenter de vous montrer un petit haut de petite fille (mais à vrai dire, ça ne me dérangerait pas du tout d'avoir le même).
Modèle L du livre japonais traduit "Petites filles modèles" (caraco sans manches), sans la fronce sous la poitrine. Tissu Anna Ka Bazaar.
Malgré les apparences, c'est un haut de sportive, alors démonstration en images :
Allez mesdames, c'est le week-end, vous aussi courez, sautez, dansez !
Où sont mes torchons ?
Par un beau jour de printemps, j'ai fait une rencontre qui a changé ma vie :
Sac home made par Habitat
Il gisait tristement, abandonné parmi les sacs en plastique ou en papier, dans un univers qui ne lui correspondait pas tellement : la cuisine de ma maman (là même où loge le sacàsac phallique). Heureusement, j'ai une maman adorable, qui voyant l'extase qui s'était emparée de moi, s'est empressée de me dire : "Si tu veux, je te le donne. D'ailleurs, j'avais pensé à toi en l'achetant."
La difficulté à ce moment-là réside dans le "si tu veux". Bien sûr que je veux !! Mais en même temps, je suis bien élevée (hein maman) alors je ne peux pas m'empêcher de faire des embarras : "Oh non, je ne vais pas te piquer ton sac, il est si joli, je ne voudrais pas t'en priver..." Tout réside dans l'art de refuser tout en laissant la porte ouverte. L'autre doit alors absolument revenir à la charge : "Mais si, mais si, ça me fait plaisir, il est pour toi." S'il réplique : "Comme tu veux, je le garde, alors", je suis cuite, l'affaire est réglée et je repars toute penaude et furieuse contre moi-même. Heureusement, ma mère me connaît bien, et j'ai bien été forcée d'accepter son beau sac.
Me voilà donc joyeuse, sautillante, mais aussi rongée par la culpabilité d'avoir défait ma mère d'un petit plaisir qu'elle s'était fait à elle-même (même si, on est bien d'accord, ce sac sera beaucoup plus heureux chez moi) et qu'elle trouvait d'ailleurs fort commode dans la vie de tous les jours.
C'est pourquoi (venons-en à la couture) j'ai décidé de lui remplacer son sac par un autre fabriqué rien que pour elle, dans des tons qui lui iraient comme un gant. Un cabas tout plat, fastoche ! Mais dans quel tissu ? Misère, je n'ai que des cotonnades trop fines et pas suffisamment solides pour résister aux assauts des poireaux ou des journaux ! Et mes sites et boutiques préférés ne vendent pas ce type de coton épais. Où en trouver ??
C'est là qu'il est utile d'avoir un brin d'imagination.
Tiens, le beau tissu !
Mais d'où vient-il ? De Monoprix, ma chère, hé oui, et pourtant il n'y a toujours pas de tissu au mètre chez Monop. Tu veux la vérité ?
Voici un torchon :
Attention, tour de magie : abracadabra...
Voici un sac !
(J'ai même ajouté une petite poche intérieure - sans coutures visibles à l'extérieur !)
Tu veux le même ? (dis oui, ça me fera plaisir) (euh non, c'est pas moi qui vais te le faire, tu vas te débrouiller toute seule comme une grande, tu verras c'est facile.) En gros, tu prends un torchon, tu le plies en deux (petit côté contre petit côté), tu coupes le haut, quelques coutures et hop ! un joli sac pour faire les courses ou mettre ton dossier quand tu vas à un rendez-vous important.
MODE D'EMPLOI DETAILLE
1. Tu mets tes plus beaux bigoudis et tu te rends dare-dare au paradis des ménagères, j'ai nommé Monoprix. Vite, le bac des soldes au rayon maison, et hop ! tu déniches le torchon à rayures qui doit maintenant coûter 2€ à tout casser. Ou un autre, même un moche si tu veux, chacun ses goûts.
2. Attention : quand tu rentres chez toi, tu ne te mets pas illico à astiquer frénétiquement tes vitres ou ton parquet avec ton torchon tout neuf, mais tu te jettes sur ton découd-vite pour commencer la partie la plus fun de l'histoire : tu découds l'ourlet de ton torchon, youpi ! (Si tu t'en fiches d'avoir un sac un peu plus petit que le modèle, tu décapites sans pitié tous ces ourlets inutiles).
3. Deux heures après, une fois tous ces ourlets éliminés et tes yeux explosés, tu mets ton torchon à l'horizontale (bande en bas) et tu coupes le haut (là où il n'y a pas la bande) de manière à ce qu'il te reste un morceau d'environ 43,5 cm sur 72 cm.
4. Tu plies ton morceau en deux, extérieur contre extérieur, et tu couds le bas et le bord puis tu surfiles avec un point zigzag tout le long.
5. Ca commence à ressembler à un sac ! Avant d'aller plus loin, tu files à la mercerie (pour ma part, j'ai trouvé mon bonheur chez Entrée des fournisseurs) acheter du sergé gris foncé de 5 cm de largeur et d'environ 1,15 m de long, que tu plies en deux sur toute la longueur (et tu surpiques tout du long pour maintenir). Puis tu coupes ta longue bande de sergé en deux morceaux égaux.
6. Si tu as envie toi aussi d'une poche intérieur pour y cacher tes cigares ou ton mouchoir brodé, tu découpes dans la chute de ton torchon deux rectangles (un de 18 x 12 cm, et un autre de 18 x 10 cm - ces mesures sont approximatives, je n'ai plus le sac pour vérifier), tu bordes de biais un des côtés de 18 cm du petit rectangle puis poses tes deux rectangles l'un contre l'autre pour former la pochette et tu bordes tout le tour (sauf le haut) avec un seul morceau de biais (mieux que moi, j'ai eu la flemme de faufiler avant, les coutures ne sont pas très belle à cet endroit-là, je déteste ça).
7. Courage, c'est presque fini ! Tu plies un revers de 1 cm puis 2,5 cm en haut du sac et avant de coudre, tu glisses le bout des anses pour les cacher dans l'ourlet (environ 1 cm caché) à 9 cm du bord extérieur du sac. Tu couds tout le long pour fixer l'ourlet, puis quand tu as fini, tu fais comme les pro, un X sur la base de chaque anse, ça fait chic.
Tu peux aussi ajouter plein de fioritures, mais comme c'est pas trop le style de ma mère, j'ai fait sobre. (Et elle a adoré, je suis trop contente.)
Voilà, mon amie, je ne suis pas sûre que tu seras contente d'avoir ces limpides explications, mais comme ça je me sens utile, c'est toujours ça. Allez, bonne journée !
































