Le temps passe trop vite, et cela fait déjà dix jours que je vous ai laissées dans le suspense le plus insoutenable, mes pauvres lectrices. Pourquoi mes cours ne se préparent-ils pas gentiment tout seuls dans leur coin pendant que je fais un sort à toutes ces piles de tissus qui se reproduisent comme des gremlins aux quatre coins de ma chambre ?! Déjà que j'ai bien du mal à trouver le temps de coudre, alors bloguer, cela relève du pur fantasme (si on peut appeler ça comme ça).

La question était, je vous le rappelle même si vous n'en avez pas besoin puisqu'elle vous a empêché de dormir ces dix derniers jours : qu'ai-je donc concocté pour mon voyage en amoureux au pays-des-cigarettes-qui-rendent-joyeux-et-qui-sentent-bon-dans-la-rue ? (mais pour nous, pas besoin, on était déjà joyeux, et on préférait les cafés bruns - ah, j'en veux un en bas de chez moi !!)

Eh bien il me manquait pour ce voyage exotique au bout du monde un accessoire indispensable pour la femme fatale et fashion que je suis : hélas, non, point de gaine, de nuisette en soie ou de string en dentelle cousu avec fébrilité pour accompagner mon amoureux en terre nordique, mais un sac. Oui, je vous disais "indispensable". Le mien était trop petit pour contenir à la fois mon portefeuille, mes porte-monnaie, mes mouchoirs, ma bouteille d'eau, les clefs de la voiture, celles de la maison et du collège, mon téléphone supersonique, mes pochettes variées, et j'en passe. Mes vieux sacs adorés étaient quant à eux vraiment trop vieux et défraîchis et méritaient amplement leur douce retraite au fond de la penderie. J'ai donc mesuré les dimensions idéales de mes vieilles besaces (je n'aime que ça, je suis encore une ado, dans le fond) et je me suis dessiné plus ou moins le sac de mes rêves (avec toutes les poches nécessaires) que j'ai fabriqué dans l'urgence.

Je vous avais promis une photo de mes vacances, la voilà :

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Voici l'Amsterdame avec son Amstersac ! (pas hamstersac, attention, il n'y a pas de surprise à poils cachée dans les poches) Quelle classe, hein, et comme le manteau est bien assorti à mon nouveau sac, on en frissonne d'aise !

Puisque je n'ai pas trouvé de gabardine d'une jolie couleur, j'ai pris à ma grande déception une teinte neutre que j'ai réveillée par un tissu plus dynamique, des boutons bleu pétrole et un ruban rouge pétant. Ca manque de vert, non ?

Allez, puisque vous êtes là, venez faire connaissance :

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Sur le devant, deux petites poches (derrière les boutons) et une grande poche plate (derrière le tissu bleu bordé de rouge que je n'ai pas doublé, première erreur).

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Au dos, une autre poche plate appliquée et bordée de biais. J'ai innové pour poser la fermeture Eclair : après avoir entoilé l'emplacement de la fermeture, j'ai ouvert le tissu au cutter, rebiqué les bords, placé ma fermeture et cousu tout autour. Fastoche ! Même si mes coins pourront être plus nets la prochaine fois.

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Même technique pour la fermeture intérieure, mais j'ai ensuite glissé derrière la doublure le tissu de l'intérieur de la poche que j'ai cousu tout autour pour le maintenir.

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Gabardine grise Entrée des fournisseurs, tissu bleu pétrole Cousette (ancienne collection), tissu noir à pois gris Michael Miller, sergé rouge fluo et prune Entrée des fournisseurs, biais gris foncé Fil 2000, sangle du Marché Saint-Pierre, boutons de la Droguerie.

Comme je n'ai pas trouvé de sangle assortie, j'ai pris du marron que j'ai ensuite recouvert d'un sergé prune (j'aurais préféré rouge comme sur le reste du sac, mais je n'en avais pas et je vous le rappelle, j'étais dans l'urgence).

Pour solidifier mon sac, j'avais entoilé les côtés et le fond qui sont en un seul morceau, mais c'était bien insuffisant, et je regrette de ne pas avoir entoilé tout le sac, car cette gabardine est finalement assez fine. Et comme ma besace est grande, elle se déforme vite, dautant que je n'ai pas eu le temps de mettre le passepoil que j'imaginais très bien tout autour. De toute façon, un de ces jours, je lui ferai un copain (légèrement plus petit, en fin de compte, l'intérieur est un peu vaste) afin de ne pas abîmer celui-là trop vite...

Enfin, j'ai beau pinailler, je suis très fière de mon beau sac qui a au moins le mérite de n'être pas trop petit et unique surtout ! Maintenant je voudrais lui ajouter sur les côtés deux petites poches pour ranger mon téléphone et mes clefs et y accéder rapidement, mais d'abord déclamez avec moi :

" Ô temps, suspends ton vol ! et vous, heures propices,
            Suspendez votre cours !
Laissez-nous savourer les rapides délices
            Des plus beaux de nos jours ! "

Merci Alphonse, tu as tout compris, et tu es bien chouette de partager ça avec nous. Pourvu que ça marche.