Le Noël des petites demoiselles
Il y a quelques nuits de cela, le Père Noël, qui avait travaillé dur au lieu de roupiller tranquillement, est descendu du ciel en chaussons et en bâillant pour déposer sur d'autres chaussons, ceux de deux demoiselles bien sagement endormies, deux petits paquets tout mous.
Pour la toute petite, il fallait un joli sac pour remplacer l'horrible vestige de l'enfance de sa maman, une besace Benetton bleu ciel et rose saumon en pur synthétique, dont la mini-demoiselle adorait se parer à la moindre occasion. Et puis, sa grande soeur avait déjà son sac à doudou, il était temps de réparer cette injustice.
Dans l'urgence, le Père Noël a cousu simple (si on peut dire qu'ajouter du molleton soit simple), sans poches, presque sans fioritures.
Pour des tout petits doigts boudinés encore mal agiles, le bouton est uniquement décoratif et à l'intérieur du sac se cache un scratch moyennement joli mais fort pratique.
(Tissus : Capel moutarde Stragier, aubergine à petits motifs Anna Ka Bazaar, bleu pétrole Cousette, biais rouge à pois blancs Entrée des fournisseurs).
L'étoile était indispensable pour cette toute petite fille qui les affectionne particulièrement. Ma machine à coudre envisage d'en mettre un peu partout, ce que j'approuve.
Quant à sa grande soeur, elle aurait dû trouver sous le sapin un tablier pour faire des gâteaux avec son papa ou sa maman (car les gâteaux, c'est important dans la vie), et puis le Père Noël a trouvé, la veille du grand jour à 19h30, alors qu'il lui restait des tas de cadeaux à emballer et un sac molletonné à terminer (non, pour une fois, ce n'est pas de la procrastination, juste un mois de décembre pourri et plein de microbes qui attaquent de pauvres enfants innocents...), que finalement, une petite sacoche, c'était plus sympa (et plus rapide quand on n'a jamais fait de tablier et qu'on n'a pas de modèle sous la main).
Deux petits bouts de tissu achetés chez Anna Ka dernièrement (je voudrais acheter toute sa nouvelle collection !!), un tristounet joli rehaussé d'un fleuri un peu plus gai, une fermeture Eclair trouvée dans les réserves qui était faite pour cette mission-là, un peu d'entoilage sur la doublure (achetée l'an dernier sur le salon Création et savoir-faire) pour que ce ne soit pas trop mou, un gros grain moutarde d'Entrée des fournisseurs car après tout pourquoi pas, des petits détails colorés vers le bas pour faire joli, et voilà.
Mon seul regret est que le tissu étoilé, très fin, laisse apparaître le rabat de la doublure en dessous, et malgré ma double surpiqûre pour essayer de l'écraser, elle reste apparente.
Et voilà ! un grand sac pour la petite et un petit sac pour la grande, non non ; le ventripotent ne s'est pas trompé, c'est bien ce qui était prévu. Comme ça les jours de grand froid, Edgar pourra aller à la crèche bien au chaud.
Et voilà le défilé de mode dans la rue, sous les applaudissements du public en délire.
* * *
Et merci à toutes de vous être ainsi extasiées sur mon barbuquiaimelelibertyetlatrompette ! Mais rassurez-vous, il a quand même quelques défauts (certes minimes), que je n'énumèrerai pas ici pour ne pas tacher son honneur, mais je suis sûre que les maris qui confondent Liberty et tissu provençal (oh my God) sont parfaitement merveilleux par ailleurs. Errare humanum est, n'est-ce pas. Sinon, pardon à celles à qui je n'ai pas répondu : comme je vous l'ai dit, ces trois dernières semaines ont été très intenses et dans ces cas-là, ça devient encore plus bordélique dans ma tête et dans mes mails...
This is a man's word
On a coutume de dire lors de la journée de la femme qu'il y a 364 journées de l'homme pour une seule journée de la femme. Sur ce blog c'est un peu l'inverse. Après un an d'existence, il n'y a pas eu la moindre journée de l'homme ! Quel scandale !
Il est donc grand temps de remédier à cette affreuse injustice et c'est pourquoi, moi, le voisin barbu en personne, ai décidé de prendre ma plume.
Car figurez-vous qu'il y a peu, c'était la journée de l'Homme de la maison : mon anniversaire ! Aussi ma petite compagne adorée m'a fabriqué de ses doigts de fée une magnifique… trousse de trompette ! Car si j'ai su la séduire à grand renfort de guitares, mon grand âge m'a mené vers des contrées musicales jazzifiantes et cuivrées. Aussi me suis-je décidé à apprendre la trompette.
Alors une trousse de trompette c'est quoi ? Eh bien c'est l'élément indispensable du père de famille apprenti musicien : la trousse qui permet de regrouper en un seul endroit, et surtout à l'abri de toutes les petites mains, les différents produits (huiles et graisse a pistons et coulisses) et accessoires (embouchures etc…). "Enfin, une trousse, quoi…" me direz vous. Mais non ! j'avais oublié le principal : une trousse à trompette c'est une trousse… avec une trompette dessus !
Allez, je ne vous fais pas attendre davantage, je vous sens déjà baver d'envie, tel mon prof de trompette lors de mon dernier cours :
Alors, petit descriptif technique (sans l'aide de madame) : tissu à gros pois Michaël Miller que j'avais offert à madame pour qu'elle se fasse une blouse qu'elle n'a toujours pas faite. Passepoil bleu canard, Liberty capel moutarde, tissu à petits carreaux d'origine indéterminée et à l'intérieur un coton piqué à pois du meilleur effet ! Et bien sûr une impression de trompette directement sur le tissu avec l'imprimante de l'ordinateur.
Alors elle est pas belle ma trousse ? Non, vous avez raison, elle est pas belle, elle est splendide ! Et les finitions, mesdames et messieurs, on en parle même pas ! Madame trouve que l'entoilage est raté et que ça donne un côté fripé au tissu mais moi j'adore. C'est mon côté bad boy… Et puis ça a quand même demandé pas moins de trois heures de travail alors hein, on va pas se plaindre non plus !
Et de me plaindre, cela ne me vient jamais à l'idée… Car j'ai la chance d'avoir à la maison une experte en tissu qui m'a fait découvrir pour mon plus grand plaisir les noms fantasmagoriques des Liberty qui me font voyager en pays fleuris et qui plus prosaïquement me permettent de me la péter méchamment auprès de ma chef au bureau. Elle a peuplé notre maison de mille (est-ce une formule littéraire ?…) étoffes aux couleurs et aux motifs enchanteurs, elle m'a fait disserter et débattre des soirées entières autour des grands auteurs, les Anna Ka, les France Duvall-Stalla, elle m'a appris comment dompter sa machine à coudre, et enfin elle a fait de moi un homme, un vrai, un de ceux qui ose déclarer, torse bombé, à la face du monde : j'aime le liberty capel, j'aime les passepoils, j'aime la couture et j'aime ma tendre créatrice !
Sur ce, vive le fil, vive le tissu et vive les 364 journées de la femme sur les blogs de couture !
Le voisin barbu
NDLR : contrairement à ce que croit Barbubavard, mon tissu gris à carreaux n'est pas du tout d'origine indéterminée : c'est un ancien tissu de chez Cousette que vous avez déjà vu ici en blanc, et que j'ai teint en même temps que le tissu de cette jupe.
Défi 13 de décembre : Froid, moi ? jamais !
Quand j'ai vu ces boutons pour la première fois, je les ai trouvés moches. Ma mère, elle, les adorait car ils appartenaient à une robe de sa Bonne-Maman, et les avait déjà repérés dans la boîte à couture de ma grand-mère. Mais c'est à moi que ma grand-mère les a donnés, alors j'ai tout de suite su que j'en ferais quelque chose pour ma mère.
D'autant qu'elle s'était extasiée sur ce voile tout doux gris et lie-de-vin. Justement les couleurs des reflets des boutons.
Pour tenir chaud à son cou fragile, je lui ai cousu un tour-de-cou tout doux. Il n'est plus tellement de saison, je l'avais fait pour l'automne.
Tissu à motifs acheté à une blogueuse, voile bleu pétrole d'Entrée des fournisseurs, bouton de famille.
Je n'ai utilisé qu'un seul bouton, l'autre ayant perdu son accroche, je m'en ferai une broche pour aller avec la tunique découpée cet été - je ne m'en suis rendu compte qu'après coup - dans ces mêmes tissus... Parce que maintenant, ces boutons, je les trouve beaux.
Toutes les autres frileuses sont là !
Vert pistache
Tout a commencé avec le défi 13 de la rentrée : j'avais teint pour l'occasion un morceau de chambray sans grand intérêt en gris foncé afin de réaliser une tunique de petite écolière. J'avais prévu, dès le départ, de coudre à ma petite écolière toute neuve une jupe assortie. Et puis la fameuse tunique s'est avérée bien trop grande, et j'ai remis à plus tard la jupe grise. J'ai découpé le patron il y a quelques semaines, et puis, débordée par les projets en tous genres, j'ai attendu. Là enfin, après une trop longue période d'abstinence (au moins 10 jours ! c'était horrible), j'ai découpé mon beau tissu gris pour en faire ça :
Petite jupe tirée du livre japonais "Petites filles modèles" (n°279 chez les JCA) un peu rallongée car ma minette est grande. Tissu de chez Madame Maman, boutons de ma mercerie, les mêmes évidemment que sur la tunique trop grande (on pourra se damander l'intérêt de coordonner cette jupe avec un vêtement trop grand et immettable, mais avec un peu de chance, il y aura un moment opportun où la jupe ne sera pas encore trop petite et la tunique plus trop immense.)
Comme j'ai choisi un tissu un peu sobre et sombre, j'ai ajouté des touches de fantaisie ultra-osées, voyez vous-mêmes :
Une étoile à peine visible (cousue à la machine parce que ma tentative de broderie à la main a bien raté, décidément je n'y arrive pas souvent) mais j'aime sa discrétion. Et les coutures avec le même fil vert assorti aux boutons.
Et sinon, la réalisation ? Eh bien, plutôt facile, si ce n'est la ceinture que j'ai réussi à faire tourner (ça se voit sur la photo des boutons), et les bords sont bien épais à cause du thermocollant. Autrement, j'ai raté mes boutonnières, la faute à ma machine capricieuse, du coup j'ai cousu des pressions sous les boutons, de toute façon c'est plus facile comme ça pour ma demoiselle de 3 ans et demi.
Allez, une petite séance photo un jour de grisaille ?
Ah tiens, il y a de l'incruste sur cette photo on dirait, quelqu'un qui veut tout faire comme sa grande soeur... Alors évidemment, quand je demande à la grande de soulever sa tunique, la petite suit.
Mais voilà, comme cette jupe se sentait seule et triste sans jolie tunique pour l'accompagner ! C'est là que j'ai dégainé mon livre des Intemporels pour enfants dont je me méfie toujours beaucoup, et après avoir bien épluché le blog "je couds Citronille" pour éviter de me retrouver avec un sac à bras, j'ai cousu ça :
Tissu vert du merveilleux magasin IE à Paris (rue Vieille du Temple) dont je suis folle amoureuse, quelqu'un veut m'offrir un abonnement là-bas ? Tissu à patchwork marron/vert donné par ma mère, boutons rouges de mon stock, dentelle de la mercerie Ultramod à Paris.
Il s'agit de la tunique boutonnée qu'on ne voit absolument pas dans le livre, c'est très étrange d'ailleurs. J'ai eu un peu de mal à comprendre le patron, mais finalement c'est assez simple. J'ai fait une taille trois ans en rallongeant les manches et le corps, mais pas assez à mon goût, je la trouve un peu large et un peu courte.
Par rapport au modèle de base, j'ai ajouté une poche arrondie et élastiquée avec un petit noeud en dentelle, des bandes de tissu sur le bas des manches, un petit bouton en haut du dos, une couture pour maintenir la parementure tout autour du col à 2 ou 3 centimètres, et j'ai fait toutes les coutures apparentes en bleu canard pour rappeler la parementure (d'ailleurs j'ai dû faire celles des manches à la main, alors tant qu'à faire j'ai fait un point zig-zag). J'ai encore galéré pour faire les boutonnières, je n'arrive pas à avoir une coupure bien nette au milieu, ça s'effiloche, quelqu'un aurait un conseil à me donner ?
Une autre séance photo maintenant, tunique et jupe, sans grande conviction de la part de mon petit modèle, il faudra vous en contenter :
Bonne journée à toutes ! Un de ces jours je vous montre le nouveau pyjama de ma toute petite qu'elle ne veut plus quitter...































